| Par Équipe de Rédaction WebDépart |
Les rites et traditions naissent, évoluent, certains disparaissent, usés ou assimilés tandis que d’autres, se perpétuent des siècles durant, se régénérant de toutes les influences. Tel est le cas des fêtes réunissant en une même liesse morts et vivants et commémorées encore aujourd’hui aux quatre coins du globe. Célébré principalement aux Etats-Unis et en Amérique du Nord, Halloween puise cependant ses origines dans les profondes forêts celtiques, bien avant l’ère chrétienne. La nuit du 31 octobre marquait alors le passage à la nouvelle année celtique, l’entrée dans l’hiver mais surtout un jour hors du temps qui permettait de rassembler les âmes des morts de l’année pour le passage dans l’au-delà . De ce lointain rituel, nous sont parvenus les déguisements hideux qui servaient alors à déjouer les vilains tours des esprits malins ainsi que les lanternes creusées dans des navets et destinées à guider les âmes vers le monde des vivants.
Perpétué et transmis par les immigrants irlandais sur le sol américain, Halloween est progressivement devenu le vaste carnaval pour les enfants que nous connaissons avec ses mystères, ses gâteries et sa horde de vilaines créatures. Une occasion attendue de tous, petits et grands, de rompre avec la grisaille et les longues soirées, prémices de l’hiver. En France, comme dans de nombreux pays de culture catholique, l’ère chrétienne effaça progressivement toute pratique officielle de l’Halloween au profit de la Toussaint. Assimilée au fil des siècles à la Fête des Morts, elle demeure encore aujourd’hui, malgré le déclin toujours croissant du culte pratiquant, l’occasion d’assister aux offices, d’aller se recueillir sur les tombes des êtres chers, les ornant de chrysanthèmes en signe d’immortalité. Rien de très réjouissant me direz-vous ?!! Mais sachez qu’il n’en fut pas toujours ainsi… La Toussaint était avant tout une fête de liesse, marquée par des heureuses retrouvailles en famille autour d’un festin longuement préparé. Tout se perd… mais tout se transforme !!! Car depuis quelques années, l’Halloween s’implante fermement en France. Certes, la fête n’a rien à envier à la version outre-Atlantique.. Néanmoins, les déguisements et soirées thématiques attirent chaque année de plus en plus d’adeptes, enfants et adultes. Au Mexique, en revanche, El Dia de los Santos (Toussaint) suivi d’El Dia de los Muertos (Fête des Morts) demeurent - pardonnez-moi l’expression – bien vivants ! Curieux amalgame des rites aztèques et des coutumes religieuses des catholiques venus d’Europe, ces fêtes donnent lieu à une pléthore d’activités, chants, danses, repas, offrandes, qui rendent hommage aux défunts et défient la mort. Malgré notre savoir, malgré notre rationalisme toujours croissant, les anciens rites des morts demeurent. Ils évoluent, perdant souvent leurs fondements originels mais ils sont encore célébrés. Peut-être un besoin de conjurer notre peur de la mort ou tout simplement de la vie… [La magie d’Halloween] |

Vers 840, l’Église, désireuse de donner une couleur de christianisme à cet ancien rite celtique, instaura Toussaint, le 1e novembre. Mais la tentative de substituer les Saints aux âmes des morts, se solda par un cuisant échec. En 1048, l’Eglise dut se résoudre à admettre au calendrier la Fête des Morts, célébrées le jour suivant la Toussaint…mais toujours aussi peu suivie dans le Nord de l’Europe. Le mot anglais viendrait de cette époque : All Hallow’s Eve (Veille de la Toussaint) devenu plus tard Halloween.