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  Dossier : l’art du tatouage
Par Équipe de Rédaction WebDépart

Présent depuis la nuit des temps et sous toutes les latitudes, le tatouage reste une pratique symbolique liant l’encre et la peau, la croyance et l’être.

Phénomène de société, il l’est et le restera. Longtemps considéré comme une pratique primitive dans notre monde occidental, il devient dans les années 50, en Californie, l’exclusivité des motards, détenus et délinquants. Que ce soit pour se distinguer de la masse, afficher sa rébellion, exhiber son appartenance à un groupe, ou prouver son courage face à la douleur physique, toutes les raisons sont bonnes pour passer à l’action. Corps entièrement recouverts ou seulement certains membres bien en vue, le tatouage s’imprègne alors du traditionnel cliché : poignard, encre, cœur sacré, voire même le « I love Mom ».

Difficile de s’affranchir de cette connotation négative de rocker rustre et rebelle ! Et pourtant, …! L’évolution des techniques et leur multiplication ont ouvert la voie à une véritable forme d’art, l’art corporel. Celui-ci revêt différents aspects selon l’héritage ethnique : le tatouage définitif et le mehndi ( tatouage temporaire au henné ).

grande-08202003.jpgLe tatouage ( définitif ) peut être défini comme l’introduction dans le derme de matières colorantes stables apparaissant par transparence après cicatrisation. Universellement répandue, cette coutume utilisait divers procédés de marquage qui, en 1891, avec l’invention de l’Anglais Samuel O’Reilly de la première machine à tatouer électrique, furent relégués au rang de coutumes barbares. Dans de nombreuses peuplades, le tatouage indique le rang, une appartenance sociale, une preuve de courage ou un signe de deuil. Ils permettent, sous forme de signes, de lettres sacrées, de s’approprier les vertus protectrices. C’est aussi parfois une médecine. Puis, peu à peu, cette technique indélébile est devenue, notamment en Chine, un procédé de marquage des indésirables ou brigands, en signe de châtiment et d’exclusion de la société. Préjugés qui marqueront longtemps le monde occidental.

La grande tendance occidentale de ces dernières années est le mehndi. Originaire de l’Inde, du Maroc et d’Afrique de l’Ouest, l’art du henné révèle l’héritage ancestral de toute une culture et de tout un mouvement artistique. Il n’y a pas de cérémonies, de fêtes religieuses ou païennes sans henné. Il est utilisé dans chaque manifestation, ornant les mains et les pieds des femmes de superbes motifs et arabesques sculptés à même la peau. Sous nos latitudes, la décoration temporaire au henné est utilisée comme succédané au tatouage et ont rapidement migré vers le nombril, le décolleté, les omoplates et les bras. La haute couture s’est également emparée du phénomène, exhibant corps et visages ornés de motifs. L’Occident redécouvre les ornements corporels temporaires dont il ignore tout du sens originel, des signes pour n’en retenir que l’élégance, la sensualité et l’érotisme.

Des techniques et origines différentes pour un désir différent. Le tatouage classique implique une profonde réflexion : le tatouage est définitif, tel un bijou que l’on ne peut enlever. Le choix du dessin est fondamental car vous serez unis jusqu’à ce que la mort vous sépare. Et surtout, ne négligez en aucun cas l’hygiène du matériel utilisé par le tatoueur.
A l’opposé, l’ornement réalisé au henné est une petite folie sans risque de le regretter. C’est « (…) un bijou que l’on met et que l’on enlève après quelques semaines. Sans violence ni cicatrices. »

De par son histoire et sa symbolique, le tatouage classique semble davantage l’apanage de l’homme, symbole de virilité, de force, militant du droit à la différence et affichant ses convictions à même la peau. Et à l’opposé, l’art du henné est, au-delà de la mode, une pratique ancestrale réservée aux femmes pour révéler l’éclat de leur beauté mais également pour le rôle symbolique et mystique des signes.

Le tatouage est un Art, au sens fort du terme. Le tatouage classique se nourrit de l’éternité tandis que celui au henné est éphémère. Ils n’en restent pas moins, tous deux, un héritage ancestral qui aujourd’hui s’insère dans un mouvement de création. Ainsi, nombreux sont les tatoueurs qui ont su créer leur style, oscillant entre le statut d’artiste et celui d’artisan, et à fortiori dans l’interactivité entre tatouage et arts plastiques.

« Le tatouage réussit l’exploit de réunir l’œuvre et le spectateur en une seule personne ». P.Chaudesaigues.

[Tattoo Passion]
[Engouement pour le tatouage – Imag’In Tattoo]
[Petit tour du monde du tatouage – TatouageDoc]
[Le– Polynésie, Terres sacrées]
[Le tatouage Maori]
[Tatouage – Océanie : Musée de la Civilisation]
[Le tatouage polynésien]
[L’art du tatouage japonais]
[Henné, magie et tradition]
[Etude sur les motivations au tatouage]

 
  Un Commentaire à “Dossier : l’art du tatouage”
  1. Tattoo ED Dit:

    Merci pour ce petit article sur le tatouage et vaut liens sur le sujet…

    Visitez notre forum sur le tatouage:
    http://www.fantasmforum.com

 
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